Guide complet sur la fondation en redan : technique, mise en œuvre et coûts

Gwenaël Cortot

mai 17, 2026

📋 Fiche Technique : Fondations en Redan

Définition : Semelles filantes horizontales disposées en escalier pour s’adapter à un terrain en pente.

Utilité principale : Respecter la profondeur hors-gel partout et éviter les glissements de terrain.

Principe clé : Les semelles restent horizontales, espacées par des décrochements (redans) d’environ 20-25 cm.

Coût indicatif : Environ 2 fois plus cher qu’une fondation standard sur terrain plat (à partir de ~1000 €/m³ tout compris).

Points de vigilance : Étude de sol obligatoire (G2 minimum), respect de la règle des 3/2 pour la pente, ferraillage en continu.

Fondations en redan : la solution pour construire sur un terrain en pente

Vous avez un terrain en pente et votre projet de construction ou de mur de soutènement se heurte à une question technique majeure : comment faire des fondations stables et conformes ? Creuser à la même profondeur partout serait un terrassement colossal et coûteux. Suivre la pente naturelle, c’est la garantie de problèmes de stabilité à moyen terme.

La réponse des artisans et des règles de l’art (DTU) est le redan. C’est une technique éprouvée, efficace, mais qui demande de la rigueur. On ne parle pas ici de théorie architecturale, mais de bon sens et de physique basique. Voici comment ça marche, sans détour.

Le principe du redan : des fondations en escalier

Imaginez un escalier géant couché, dont chaque marche serait une semelle de fondation en béton armé. C’est exactement cela, un redan (ou redans). L’idée est de créer une série de semelles filantes horizontales, décalées en hauteur pour épouser la pente du terrain, tout en restant parfaitement de niveau.

Chaque « marche » se superpose à la précédente d’au moins 50 cm, et l’ensemble est solidarisé par un ferraillage continu et des raidisseurs verticaux. Cela forme une structure monolithique qui transmet les charges du bâtiment uniformément au sol, tout en s’ancrant suffisamment profondément pour être hors-gel.

redan fondation

⚠️ Première étape, non négociable : l’étude de sol

Ne sautez surtout pas cette étape. Sur un terrain en pente, la nature du sous-sol est encore plus critique. Une étude géotechnique de type G2 au minimum est indispensable. Elle déterminera :

  • ✅ La capacité portante du sol.
  • ✅ La profondeur hors-gel spécifique à votre région (généralement entre 60 et 90 cm).
  • ✅ Les risques de glissement ou de tassement différentiel.
Ces données sont la base légale et technique pour dimensionner vos redans. Consultez un bureau d’études, c’est le meilleur investissement de départ.

La mise en œuvre, étape par étape

1. Le tracé et le terrassement

Après avoir piqueté l’emplacement des murs, on trace les tranchées. Elles doivent avoir une largeur suffisante pour travailler (50-60 cm). La profondeur de chaque niveau de semelle est dictée par la côte hors-gel. On creuse donc par paliers horizontaux.

2. Le béton de propreté et le ferraillage

Une fois les tranchées creusées et propres, on coule une fine dalle de béton de propreté (5 cm d’épaisseur, dosé à 150 kg/m³). Son rôle ? Offrir une surface plane et propre pour poser les armatures, et éviter que le ferraillage ne touche la terre (ce qui provoquerait la corrosion).

Ensuite, on place le ferraillage. C’est le squelette de votre fondation.

  • 🔩 Armatures principales : en bas de la semelle, des barres de diamètre 10 à 15 mm (classe S35).
  • 🔗 Recouvrement : les barres doivent se chevaucher d’au moins 50 cm d’un niveau à l’autre.
  • ⬆️ Raidisseurs verticaux : des barres verticales relient les armatures des différents niveaux pour solidariser l’ensemble.

📏 La règle d’or : la pente 3 pour 2

Entre le bas d’un niveau de semelle et le haut du niveau inférieur, la pente du terrain excavé ne doit pas dépasser 3 unités horizontalement pour 2 unités verticalement (soit environ 34°). C’est la fameuse « règle des redans 3/2 ». Elle est cruciale pour éviter les risques de glissement de la terre entre les paliers. Si votre pente naturelle est plus forte, il faudra envisager un soutènement intermédiaire.

3. Coffrage, coulage et banquettes

Le coffrage (planches ou panneaux) est mis en place pour contenir le béton. On coule du bas vers le haut de la pente. L’idéal est d’utiliser un béton fluide et autonivelant (BPE) pour un remplissage homogène.

Action critique immédiate : dès que le béton d’un niveau est coulé, il faut poser les premières assises de maçonnerie (les banquettes) dessus, avant qu’il ne prenne. Cela permet de « verrouiller » la fondation et d’éviter les microfissures dues à la rétractation du béton. C’est une erreur classique et coûteuse à éviter absolument.

[IMAGE_ICI] [IMAGE_DESCRIPTION: Close-up photo of a worker placing masonry blocks (banquettes) on freshly poured concrete of a redan foundation step.]

Combien ça coûte ? Comparatif avec d’autres solutions

Construire sur une pente a un prix. Les fondations en redan impliquent plus de terrassement, plus de coffrage, plus de ferraillage et plus de béton qu’une fondation standard sur terrain plat. Voici une décomposition indicative des coûts (main d’œuvre incluse) :

📊 Coût comparatif des fondations (indicatif au mètre linéaire)

Mur Standard
(Terrain plat)
Redan
(Terrain en pente)
Radier
(Sol faible)

Représentation visuelle de l’impact sur le coût relatif.

Type de fondationContexte d’utilisationAvantagesInconvénients / Coûts
Semelle filante standardTerrain plat, sol stable et homogène.Économique, simple à mettre en œuvre, répartit bien les charges linéaires.Inadaptée aux pentes prononcées.
Fondation en redanTerrain en pente, nécessité de respecter le hors-gel.Solution stable et normative pour les pentes, évite les terrassements excessifs.Coût élevé (x2 par rapport au standard), main d’œuvre et technicité accrues.
Radier généralSol de faible portance, présence de remblais.Répartit les charges sur toute la surface, solution « tout-en-un ».Très gros volume de béton, coût très élevé, pas toujours nécessaire.
Fondations sur plotsCharges ponctuelles (pergola, petite construction légère).Économique en matériaux pour des petites structures.Inadapté pour des murs porteurs continus sur pente.

💡 Le conseil de pro

Ne choisissez pas une fondation par son prix seul, mais par son adéquation à votre sol et à votre projet. L’argent économisé sur des fondations inadaptées sera dépensé au centuple en réparations dans quelques années. Un redan bien fait, c’est pour la vie du bâtiment.

Les pièges à éviter absolument

Pour finir, voici les erreurs qui reviennent souvent sur les forums et les chantiers :

  • 🚫 Négliger l’étude de sol. C’est la cause n°1 des sinistres.
  • 🚫 Oublier de poser les banquettes sur le béton frais. Cette vidéo montre les conséquences.
  • 🚫 Ne pas respecter la règle des 3/2 entre les paliers, ce qui compromet la stabilité du terrain.
  • 🚫 Utiliser un ferraillage discontinu ou sous-dimensionné. Les recouvrements (50 cm mini) et les raidisseurs verticaux sont obligatoires.
  • 🚫 Vouloir faire des redans sur un sol classé G1 (très faible portance). Dans ce cas, un radier ou des pieux sont souvent nécessaires.
Quelle est la pente maximale pour pouvoir faire des fondations en redan ?

Il n’existe pas de pente maximale absolue, car la solution dépend aussi de la hauteur totale à franchir et de la nature du sol. Techniquement, la limite pratique est donnée par la règle des redans 3/2 (pente de 3 horizontale pour 2 verticale, soit ~34°) qui doit être respectée entre chaque palier. Sur une pente très forte, les redans deviendraient trop hauts et trop nombreux, rendant la solution peu économique et complexe. Dans ce cas, il faut souvent coupler les redans avec un mur de soutènement intermédiaire pour retenir les terres. Une étude géotechnique précise est indispensable pour valider la faisabilité sur votre pente spécifique. Source : Règle des redans 3/2 – Bonsol BTP.

Peut-on faire des fondations en redan soi-même (en auto-construction) ?

Oui, c’est possible pour un bricoleur très averti et rigoureux, mais c’est un chantier exigeant. Les risques sont élevés : erreur de nivellement, ferraillage mal calculé ou mal lié, non-respect des règles techniques (DTU). Les conséquences d’une fondation défaillante sont catastrophiques pour toute la construction. Il est fortement recommandé de :

  • Faire obligatoirement une étude de sol (G2).
  • Se faire établir des plans de ferraillage par un bureau d’études ou un architecte.
  • Se former via des ressources fiables et suivre des tutoriels détaillés comme ce tutoriel de coffrage redan.
  • Ne pas hésiter à faire contrôler les étapes clés (tranchées, ferraillage) par un professionnel.
L’auto-construction sur pente n’est pas le chantier pour débuter.

Quelle est la différence entre un redan et un mur de soutènement ?

Ce sont deux ouvrages complémentaires mais aux fonctions distinctes. Un redan fait partie de la fondation. C’est un élément enterré, horizontal par paliers, dont le rôle est de transmettre les charges du bâtiment au sol en respectant la profondeur hors-gel. Un mur de soutènement est un ouvrage de structure aérien ou semi-enterré, dont le rôle est de retenir la poussée des terres et de créer un niveau stable. Sur une forte pente, on peut avoir besoin des deux : des fondations en redan pour porter la construction, et un (ou plusieurs) murs de soutènement en amont pour créer un replat stable et réduire la hauteur des redans nécessaires. Source : ABC Maçonnerie – Semelle filante redan.

Fondations en redan ou radier : que choisir pour un terrain en pente ?

Le choix n’est pas systématique et dépend principalement de la portance du sol.

  • Le redan est privilégié lorsque le sol sous-jacent est stable et a une bonne capacité portante (étude G2). Il est alors économique en béton par rapport à un radier et ciblé.
  • Le radier (une dalle épaisse générale) est la solution pour les sols de faible portance, hétérogènes ou avec des remblais. Il répartit les charges sur une très grande surface. Sur une pente, un radier demande des volumes de béton et de terrassement énormes (il faut souvent créer un plateau), ce qui le rend généralement beaucoup plus coûteux qu’un redan si le sol le permet.
Seule une étude géotechnique sérieuse peut trancher et indiquer la solution techniquement et économiquement optimale. Source : Mon Multimètre – Types de fondations.

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